Auteur/autrice : corinne

Les écrans, un frein à l’activité physique

C’est ce que met en évidence l’étude Esteban (Étude de SanTé sur l’Environnement, la Biosurveillance, l’Activité physique et la Nutrition) menée par Santé publique France en 2014-2016. Selon les résultats de cette étude, l’inactivité physique et la sédentarité gagnent du terrain et cette situation est d’autant plus préoccupante que l’inactivité physique est considérée comme le quatrième facteur de maladies non transmissibles dans le monde. Les principaux enseignements de cette étude sont les suivants :

  • Si 61% des adultes de 18 à 74 ans ont un niveau d’activité physique atteignant les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé pour limiter les risques de maladies non transmissibles («pratiquer au moins au cours de la semaine, 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’intensité modérée ou soutenue »), les femmes sont les plus touchées par cette baisse de l’activité physique : seules 53 % d’entre elles suivent les recommandations officielles (vs 70 % des hommes).
  • Les enfants ne sont pas épargnés par ce recul de l’activité physique. Parmi les enfants de 6 à 17 ans, moins d’un sur quatre atteint les 60 minutes d’activité physique par jour recommandées par l’OMS.
  • Cette baisse de l’activité physique est corrélée à l’augmentation des comportements sédentaires et notamment à la pratique croissante des écrans.
  • En 2015, en dehors de l’activité professionnelle, les adultes déclaraient consacrer en moyenne 5 heures et 07 minutes aux activités sur écrans contre 3 heures et 10 minutes en 2006 (soit une augmentation de 53 %) ! Et 17 % des hommes et 22 % des femmes cumulaient les deux facteurs de risque de maladies non transmissibles : un niveau de sédentarité élevé associé à un niveau d’activité physique bas.
  • En 2015, les enfants de 6-17 ans passaient en moyenne 4 heures et 11 minutes par jour devant un écran et cette durée augmente avec l’âge. Près de 61 % des enfants et adolescents de 6-17 ans pouvaient être considérés comme sédentaires (c’est-dire pratiquant au moins 3 heures d’activités sur écrans chaque jour).

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Pas d’écran le soir dans le noir pour nos enfants !

Si 70 % des adolescents s’adonnent à des activités sur écrans (tablette, ordinateur ou smartphone) le soir avant de dormir, cette pratique ne serait pas sans risque. C’est ce que montre une étude menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Lincoln au Royaume Uni auprès de plus de 6 600 enfants âgés de 11 et 12 ans. L’objectif de l’étude était d’évaluer l’impact de l’utilisation d’un écran le soir dans le noir sur leur sommeil. Les résultats mettent en avant deux points essentiels :

  • 90 % des enfants ayant une activité sur écran le soir avant de dormir souffrent d’une dette de sommeil (moins de 9 à 11 h de sommeil par nuit), ce qui peut avoir des effets négatifs directs sur leur santé et leur bien-être (baisse des défenses immunitaires, baisse des résultats scolaires, risque accru d’obésité, d’anxiété et de dépression).
  • Le sommeil des enfants est d’autant plus perturbé par les activités nocturnes sur écrans si celles-ci sont pratiquées dans l’obscurité. Les jeunes qui utilisent des écrans le soir dans une pièce éclairée ont un risque accru de perte de sommeil de 31 % alors que ce risque passe à 147 % pour les jeunes le faisant dans le noir !

D’où la nécessité pour les parents d’interdire à leurs enfants l’usage des écrans au moins une heure avant de se coucher, ou à défaut de les inciter à pratiquer leurs activités numériques dans une pièce éclairée.

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Bien gérer les écrans, c’est comme bien gérer les aliments, ça s’apprend !

Selon le Dr Serge Tisseron, les grands principes et rituels qui sont au fondement de notre alimentation peuvent nous servir de guide pour avoir un bon usage des écrans. En utilisant la métaphore alimentaire, il a ainsi défini 9 conseils à suivre pour mieux réguler notre consommation d’écrans.

  • De même que l’on ne met pas de frites ou de steak dans le biberon d’un bébé, on ne place pas un écran entre les mains d’un enfant de moins de 3 ans car son système mental n’est pas adapté à ce type d’activités.
  • Dans toutes les cultures, les enfants sont invités à passer à table à heures fixes. Il en est de même pour les écrans. On ne doit pas les grignoter toute la journée mais définir pour nous-mêmes et nos enfants des moments de connexion fixes dans la journée.
  • On le sait, les enfants aiment bien choisir le contenu de leur assiette. Laissons-leur également la possibilité de choisir le film qu’ils souhaitent regarder parmi deux ou 3 DVD par exemple.
  • De même que l’on ne mange pas de façon illimitée, on ne consomme pas les écrans de façon continue. Par rapport aux chaînes de TV ou à YouTube qui proposent un continuum de programmes, le DVD offre l’avantage d’avoir une durée limitée et de permettre à l’enfant de changer d’activité à la fin du film.
  • Manger en famille est plus agréable que de manger seul. Il en va de même pour les écrans. Privilégions les activités numériques à plusieurs (jeux vidéo ou films visionnés en famille).
  • On évite de laisser un enfant avec un paquet de biscuits seul dans sa chambre la nuit. Evitons également de le laisser avec un écran et incitons-le à laisser son téléphone le soir sur la table du petit-déjeuner pour mieux le retrouver le lendemain.
  • Si échanger sur le contenu du repas est un plaisir lorsque l’on l’est à table en famille, profitons également de ce moment pour partager avec nos proches nos découvertes et nos expériences vécues sur les écrans.
  • On apprécie d’autant plus un repas lorsque l’on sait qu’il a été conçu par un proche. En matière d’écrans également, encourageons les pratiques créatives pour tous les membres de la famille !
  • On sait aujourd’hui qu’il est essentiel pour notre santé d’apprendre à mieux manger. Apprenons de même à mieux consommer les écrans en évitant notamment les activités à faible valeur ajoutée qui sont répétitives, peu créatives et peu socialisantes.

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Rester ferme et positif

ANNE PEYMIRAT – Souvent les écrans sont source de propos critiques de la part des parents. “Lâche un peu ton téléphone, on dirait qu’il est scotché à ta main!”, « On avait dit, pas de téléphone après le repas, on ne peut vraiment pas compter sur toi« . Cette posture négative vis-à-vis de l’enfant ne l’aide pas à changer ses habitudes. Pour accompagner tout projet de reprise en main des écrans, mieux vaut être positif et tourné vers les progrès réalisés plutôt que regarder ce qu’il reste à faire et critiquer.

Certes, il faut bien sûr reconnaître que les limites posées par les parents risquent de générer de la frustration et des attitudes parfois très difficiles à gérer. En effet, les réactions de l’enfant ou de l’adolescent peuvent être très intenses. L’un va frapper à la porte de la chambre de ses parents jusqu’à ce que ceux-ci lui rendent son téléphone, l’autre va s’énerver, crier, voire taper pour obtenir plus de temps sur son jeu. Certains vont menacer de ne pas faire leurs devoirs si on leur supprime leur tablette. Toutes ces attitudes sont extrêmes et complexes à gérer. Une réponse énervée des adultes ne fait qu’augmenter la tension. Un fléchissement de la demande est vécue comme un échec par les parents et ne résout pas le problème du temps passé par l’enfant sur ses écrans.

En restant ferme sur sa position, le parent montre qu’il ne se laisse pas déstabiliser par l’attitude de l’enfant et qu’il sait où il va. Il fait preuve d’assurance ce qui va l’aider à tenir bon sur la règle ou la limite qu’il essaie de mettre en oeuvre. En étant positif, il se montre encourageant pour l’enfant et calme plus vite la situation.

Comment trouver des choses positives à dire sur l’enfant alors que son attitude est loin d’être parfaite ? La recommandation est d’utiliser, le compliment descriptif. Le parent peut remarquer les petits pas dans le bonne direction, même si les progrès ne sont pas encore à la hauteur des attentes. Ainsi le parent peut dire “tu étais très énervé lorsque je t’ai dit que ton temps était terminé, tu as rouspété pendant 5 minutes, et finalement tu es allé calmement lire dans ta chambre. Tu as su te maîtriser.” ou encore “Tu as posé ton téléphone dans la boîte à portable peu après que je t’ai rappelé la règle.

Cela peut être difficile à croire tant qu’on ne l’a pas essayé. Il faut essayer cette technique pour comprendre, à quel point, elle peut aider à retourner des situations tendues et améliorer durablement le comportement des enfants et adolescents.

Des questions ? Pour aller plus loin, rdv sur le site Calmer parenting

Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.

Quel est l’impact de la lumière bleue sur notre sommeil ?

NICOLAS LEVEZIEL – La lumière est perçue par des cellules ganglionnaires de la rétine. Ces cellules ont un pic de sensibilité à 464 nm, situé dans la lumière bleue. Elles transmettent l’information sous la forme d’un influx électrique par le biais de connections neuronales au chef d’orchestre des rythmes circadiens localisé dans l’hypothalamus.

De nombreux facteurs peuvent influencer le rythme circadien, le plus connu étant bien entendu le décalage horaire. Un autre facteur peut également être une exposition nocturne à la lumière artificielle. Ce phénomène se voit chez les oiseaux qui peuvent chanter toute la nuit auprès des zones d’habitations éclairées, mais également chez des personnes amenées à travailler régulièrement le soir sur écran.

Dans ce contexte, l’utilisation des écrans est à éviter en période nocturne puisque des pathologies sont associées à des perturbations des rythmes circadiens.

Passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux nuirait à la prise de décision.

C’est la conclusion d’une nouvelle étude américaine menée par des chercheurs de l’Université du Michigan aux Etats-Unis. Ils ont recruté 71 volontaires qui ont été soumis au test de l’Iowa Gambling, couramment utilisé par les psychologues pour évaluer la capacité à prendre une décision.

Les résultats montrent clairement un lien entre la capacité à prendre des décisions et la pratique des réseaux sociaux. Les plus indécis étaient ainsi les plus grands utilisateurs de Facebook. Le Professeur Dar Meshi, principal auteur de l’étude, va même plus loin en établissant un parallèle avec les patients qui consomment des opioïdes, de la cocaïne et des amphétamines qui obtiendraient des résultats similaires au test.

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Quelles précautions les gros consommateurs d’écrans doivent-ils prendre pour préserver leurs yeux ?

NICOLAS LEVEZIEL – En cas de travail intensif sur écrans, il est indispensable de se ménager des pauses régulières afin d’éviter la fatigue visuelle inhérente à une exposition prolongée.

Il faudra également veiller à adapter son poste de travail pour améliorer la position du corps vis-à-vis de l’écran.

En outre, il faudra veiller à diminuer la luminance de l’écran et éviter les phénomènes d’éblouissements qui peuvent survenir en présence d’une fenêtre ou de toute autre source d’éclairage.

Enfin, il peut être utile d’appliquer sur son écran un filtre en sachant toutefois que seule une partie de la lumière bleue est filtrée par ce type de dispositif.

Préparer les enfants à de nouvelles règles sur les écrans

ANNE PEYMIRAT – Il ne suffit pas de définir de nouvelles règles sur les écrans pour que celles-ci soient respectées. Les règles sont la base, il y a encore une étape de préparation à mettre en place pour qu’elles soient prises en compte par tout le monde.

Ce temps de préparation se fait en deux parties. Tout d’abord, il s’agit de préparer l’enfant aux règles, afin qu’il en prenne connaissance. Ensuite, il faut préparer l’environnement, c’est à dire faciliter la mise en oeuvre des règles en limitant les accès aux écrans.

Une manière très efficace de préparer l’enfant est d’utiliser la discussion préparatoire. Cette technique consiste à communiquer la nouvelle règle puis à poser des questions à l’enfant pour vérifier qu’il l’a bien intégrée. Par exemple, le parent peut dire “La nouvelle règle à la maison, c’est 30 minutes de téléphone après les devoirs”. A quel moment pourras-tu regarder ton téléphone ? Combien de temps ? Si j’appelle pour le dîner, que devras-tu faire même si les 30 minutes ne sont pas écoulées ? Est-ce que ce sera difficile pour toi de ne pas regarder ton téléphone de la soirée? L’enfant commence à se projeter et il aura plus de facilité à suivre les règles au moment où il faudra le faire.

La préparation de l’environnement est importante car elle aidera l’enfant à respecter les règles. Si la règle posée est “½ heure d’écran une fois que les devoirs sont finis”, mais que l’enfant a accès en libre service à son téléphone ou une tablette et que personne ne surveille, il y a peu de chances pour que ça marche. Il faudra par exemple prévoir de mettre tous les écrans au même endroit (dans une boîte à écrans dans l’entrée de la maison), d’ajouter des codes sur certains écrans pour que l’enfant ne soit pas tenté de l’utiliser en cachette, de créer des plages horaires sur le wifi, etc.

La phase de préparation ne doit pas être négligée. C’est elle qui facilitera la mise en oeuvre de nouvelles règles numériques à la maison.

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Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.

Ecrans et sommeil des enfants : une actualisation des recommandations

Alors que les écrans occupent une place de plus en plus centrale dans le quotidien de nos enfants, une revue de la littérature réalisée par une équipe de l’Université de Colombie Britannique sur l’hygiène de sommeil des enfants permet d’actualiser les recommandations en la matière. Les chercheurs ont analysé les données de 44 études réalisées dans 16 pays, portant sur 300 000 enfants et adolescents, répartis en 4 groupes d’âge, les nourrissons et les tout-petits (4 mois à 2 ans), les enfants d’âge préscolaire (3 à 5 ans), les enfants d’âge scolaire (6 à 12 ans) et les adolescents (13 à 18 ans). Sur cette base, ils ont établi un certain nombre de constats :

  • certaines pratiques qui favorisent une bonne qualité de sommeil chez les enfants sont plutôt bien respectées, parmi lesquelles l’heure du coucher, le rituel de l’histoire du soir, le fait de dormir dans une chambre à coucher et le fait de donner la possibilité à l’enfant de s’endormir et/ou de se rendormir seul s’il se réveille au milieu de la nuit ;
  • les adolescents ayant la meilleure qualité de sommeil sont ceux dont les parents ont établi des règles strictes sur ce point ;
  • l’exposition aux écrans avant de se coucher nuit à la durée du sommeil mais cette pratique néfaste tend à se réduire ;
  • le lien entre régularité des heures de dîner et régularité des heures du coucher est confirmé : ;
  • deux études confirment la corrélation entre une durée trop courte de sommeil des enfants et des adolescents d’âge scolaire, des temps de trajet trop longs domicile-école et la quantité de devoirs à faire le soir.

Il convient par ailleurs de rappeler que les recommandations de l’American Academy of Sleep Medicine sur la durée de sommeil en fonction de l’âge des enfants sont les suivantes :

  • 4 à 12 mois – 12 à 16 heures
  • 1 à 2 ans – 11 à 14 heures
  • 3 à 5 ans – 10 à 13 heures
  • 6 à 12 ans – 9 à 12 heures
  • 13 à 18 ans – 8 à 10 heures

Compte tenu de l’impact de la qualité du sommeil sur l’apprentissage et le développement cognitif des enfants, les auteurs de l’étude recommandent même d’intégrer l’éducation au sommeil dans les programmes scolaires.

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Le temps passé par les enfants sur les écrans a un impact direct sur leur bien-être

De nouveaux travaux de recherche menés par des chercheurs de l’Université d’État de San Diego semblent le confirmer. Ils ont analysé les données de la National Survey of Children’s Health (2016), soit les données d’enquête menée auprès de 40 300 parents et personnes en charge d’enfants âgés de 2 à 17 ans, portant notamment sur les soins médicaux, les problèmes affectifs, les troubles du développement et du comportement, et le temps d’écrans quotidien. Les résultats de leurs travaux mettent en avant une corrélation entre le niveau de bien-être et le niveau de pratique des écrans, chez les 2 à 17 ans, avec une association plus marquée chez les adolescents que chez les très jeunes enfants.  Parmi les principaux enseignements de l’étude, on peut noter que :

  • une utilisation des écrans, d’environ 4 heures par jour, est déjà associée à une diminution du bien-être psychologique ;
  • les enfants d’âge préscolaire grands consommateurs d’écrans ont deux fois plus de risques de perdre leur maîtrise de soi, 46 % sont plus susceptibles de ne pas pouvoir se calmer lorsqu’ils sont excités ;
  • chez les adolescents de 14 à 17 ans, 42,2 % de ceux qui passent plus de 7 heures par jour sur l’écran ne terminent pas leurs tâches. Ce taux atteint même 16,6 % pour 1 heure d’écran quotidienne et 27,7 % pour 4 heures par jour ;
  • 9 % des jeunes âgés de 11 à 13 ans passant une heure par jour sur les écrans sont réfractaires à tout apprentissage. Ils sont 13,8 % quand ils consacrent 4 heures par jour aux activités sur écrans et 22,6 % pour 7 heures par jour !

En conclusion, les chercheurs insistent sur le fait que la moitié des problèmes de santé mentale se développent à l’adolescence et qu’il est nécessaire que les professionnels de santé assurant le suivi des enfants identifient l’hyperconnexion comme un facteur de risque pouvant favoriser la survenue de ces troubles.

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