Auteur/autrice : corinne

La question du bon usage des écrans s’invite dans la campagne présidentielle

Dans son programme de campagne, Emmanuel Macron a proposé des mesures pour mieux encadrer la pratique des écrans chez les enfants car les écrans jouent un rôle central dans le harcèlement scolaire notamment. Cette mesure montre à quel point le bon usage des écrans devient plus que jamais un enjeu sociétal majeur. Selon une étude menée par l’agence Heaven :

  • 37 % des enfants âgés de 11 à 12 ans pensent que les plates-formes peuvent avoir un impact négatif sur leur vie (vs 7 % qui y perçoivent des effets positifs) ;
  • Dès 11 ans, la moitié des adolescents disposent déjà d’un compte facebook alors que l’âge légal est de 13 ans ;
  • seuls 57 % des parents affirment intervenir pour limiter le temps consacré aux écrans par leurs enfants mais sans pour autant réguler le type de contenus auxquels ces derniers accèdent.

Même s’ils sont moins férus et moins experts sur les nouvelles technologies que leurs enfants, les parents doivent intégrer dans leur éducation l’usage des écrans, en expliquant les risques, en fixant un cadre, en posant des limites et en étant eux-mêmes exemplaires dans leur pratique numérique. Cette éducation a d’autant plus de chances de porter ses fruits qu’elle démarrera au plus tôt, dès l’enfance.

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La crise sanitaire a favorisé l’excès d’écrans chez petits et grands !

Tel est le principal enseignant d’une étude menée par l’Institut IPSOS pour l’UNAF et l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique. Selon cette étude, depuis le début de la crise liée à l’épidémie de COVID, 44 % des parents et 53 % des enfants déclarent avoir augmenté leur consommation d’écrans.

Mais l’étude met aussi en évidence une tendance des parents à sous-estimer le temps passé par leurs enfants sur les activités digitales.

Enfin, cette étude montre que l’âge d’acquisition du premier téléphone portable ou de la première tablette est de plus en plus précoce : 10 ans et demi en moyenne.

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Une proposition de loi contre la surexposition des enfants aux écrans

Vendredi 10 décembre, une centaine de députés de la majorité ont lancé une campagne de sensibilisation sur ce nouveau « mal du siècle ». Dans une Tribune publiée dans le Monde, ils dénoncent les effets néfastes d’une surexposition des jeunes aux écrans : sommeil perturbé, alimentation destructurée (un tiers des enfants de 0 à 3 ans prendraient leur repas devant un écran), retard dans l’acquisition du langage, difficultés à gérer ses émotions… Objectif : élaborer avec le grand public une proposition de loi de prévention sur le site Purpoz.com dont le texte devrait être déposé à l’Assemblée nationale fin février.

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Le phénomène des « mangeurs zombies », dommage collatéral du COVID-19 ?

Selon une étude américaine publiée dans le New York Post, l’épidémie de COVID-19 aurait entraîné la généralisation d’une mauvaise habitude consistant à manger devant un écran. 88 % des Américains seraient ainsi des « mangeurs zombies ».

La France n’échappe pas à ce phénomène. Selon un sondage OpinionWay publié en juin 2021, plus de 730 Français de plus de 18 ans sur 1001 interrogés déclaraient manger de plus en plus fréquemment devant leurs écrans. En cause notamment, la généralisation du télétravail. Courante, cette pratique n’en demeure pas moins néfaste pour la santé puisqu’elle peut notamment favoriser une prise de poids. En effet, le fait que notre attention soit captivée par les écrans nous empêche de manger en pleine conscience. Il en résulte une tendance à absorber de plus grosses quantités de nourriture avec une absence de sensation de satiété.

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Des adultes aussi accros aux écrans !

Les derniers chiffres du rapport annuel 2020 publié par We are social et Hootsuite sont alarmants : les internautes de 16 à 64 ans passent en moyenne 6h et 43 minutes sur la toile chaque jour.

Peut-on pour autant parler d’addiction à Internet ? Il convient plutôt de parler d’usage excessif selon les experts qui rappellent que le trouble d’utilisation d’Internet ne figure pas parmi les troubles mentaux décrits dans l’ouvrage de référence de la psychiatrie moderne, le DSM-5 de l’American Psychiatric Association

Autre fait marquant : les adultes passent plus de la moitié du temps consacré à Internet sur leur téléphone portable ! Comme le précise le Dr Bruno Rocher, psychiatre-addictologue au CHU de Nantes, cet objet occupe une place de plus en plus centrale dans nos vies d’autant plus qu’ « il regroupe un nombre de fonctionnalités nécessaires à la vie quotidienne » (écouter de la musique, travailler, faire des achats…).

Cette dépendance au portable s’est considérablement accrue depuis le début de l’épidémie de COVID-19. Alors faut-il le rejeter pour s’en libérer ? Il convient de rester prudent sur ce point selon Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialiste des pratiques numériques. Car le problème ne vient pas tant des écrans que du rapport que nous entretenons avec eux. C’est pourquoi il est indispensable de commencer par nous interroger sur notre consommation, de nous demander si notre pratique des écrans est positive (si elle répond à un besoin, correspond à nos valeurs) ou si elle nous prive d’éléments essentiels à notre équilibre (sommeil, relations sociales, alimentation équilibrée…). Dans le cas d’une pratique nocive, il est indispensable de reprendre le contrôle en se fixant des limites (quelques heures de déconnexion chaque jour), c’est-à-dire en faisant l’expérience de la privation pour mieux réfléchir à notre usage, et d’en parler à nos proches, notamment nos enfants qui sont nés avec les nouvelles technologies.

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Mon enfant est accro aux écrans : comment réagir ?

Altération du sommeil, repli sur soi, alimentation déstructurée… Les méfaits d’un usage excessif des écrans sur le bien-être et la santé des enfants sont aujourd’hui bien établis. Comment réagir lorsque l’on pense que son enfant a dépassé les limites du raisonnable ?

Tout d’abord, il est important de connaître les signes révélateurs d’un usage excessif des écrans : tendance à l’isolement, baisse des résultats scolaires, difficultés de concentration,  prise de poids, capacité d’imagination amoindrie… En présence de ces signes d’alerte, il est important d’agir pour aider son enfant à retrouver le chemin d’un usage modéré en commençant par lui parler. Il est ainsi essentiel :

  • d’essayer de comprendre pourquoi il passe autant de temps sur les écrans ;
  • de lui expliquer l’importance d’avoir un sommeil réparateur à son âge ;
  • d’échanger avec lui sur les solutions à mettre en place pour l’aider à s’auto-réguler : instauration d’un « couvre-feu digital » notamment (heure à partir de laquelle il ne doit plus utiliser d’écrans, téléphone en mode avion durant la nuit, …).

Enfin, lorsque l’on sent que l’on ne parviendra pas à résoudre le problème seul, il peut être utile de se tourner vers un spécialiste qui pourra nous accompagner dans cette démarche de régulation. En savoir plus

Les écrans tactiles nuisent-ils à la concentration des jeunes enfants ?

C’est ce que révèle une étude menée durant plusieurs années auprès d’un groupe de 40 jeunes enfants âgés de 12 mois au début de l’étude. Publiée dans la revue Scientific reports, cette étude met en évidence de moindres capacités d’attention chez les jeunes enfants exposés chaque jour aux écrans tactiles de type tablette ou smartphone. Or, comme le rappelle un des auteurs de cette étude, les premières années de la vie sont déterminantes pour que les enfants apprennent à contrôler leur attention.
Si des études complémentaires devraient être menées pour confirmer la possible existence d’un lien de cause à effet entre une forte exposition aux écrans tactiles et une moindre capacité de concentration, le principe de précaution consistant à éloigner les enfants de moins de trois ans des écrans est plus que jamais de mise.

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Confinement : un risque accru de myopie pour les enfants ?

Telle est la conclusion d’une étude chinoise dont les résultats ont été publiés le 14 janvier dernier dans la revue JAMA Ophtalmology. Selon cette étude, le nombre d’enfants de 6 ans atteints de myopie a été multiplié par trois en Chine durant la période de confinement liée au COVID, entre février et mai 2020.

Principal facteur incriminé selon les auteurs : le manque d’exposition à la lumière du jour qui est indispensable pour le bon fonctionnement de la rétine. Mais d’autres facteurs ont joué dans cette explosion des cas de myopie comme une plus forte exposition aux écrans qui peut avoir des effets néfastes sur la vision notamment en cas de mauvaise posture (écran trop près des yeux).

Alors que les prévisions concernant l’évolution de la myopie dans les prochaines années ne sont guère optimistes (la moitié de la population mondiale risque de devenir myope en 2050) il devient urgent de sensibiliser les parents afin qu’ils encouragent leurs enfants à limiter leur consommation d’écrans et à adopter les bonnes postures lors de leurs activités digitales. Face à un écran, ils doivent veiller à avoir les bras tendus pour que l’écran forme un angle droit avec leur bras et avant-bras.

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Trop de TV : un impact négatif sur nos capacités cérébrales à partir de 40 ans

Telle est la conclusion d’une nouvelle étude réalisée par des chercheurs américains des universités d’Alabama et Columbia. Selon cette étude, dont les résultats ont été présentés dans le cadre de la Conférence virtuelle de l’American Heart Association, une exposition quotidienne trop importante à la télévision pourrait avoir des effets délétères sur notre cerveau, notamment à partir de la quarantaine (diminution de la taille du cerveau et déclin cognitif). De façon plus précise, le suivi sur le long terme d’une cohorte de volontaires âgés de 50 à 70 ans a permis de mettre en avant ces effets négatifs :

  • les personnes très consommatrices de télévision au milieu de leur vie ont un déclin de 6,9 % de leurs fonctions cognitives à l’âge de 70 ans ;
  • cette exposition importante contribue également à réduire de 0,5 % leur matière grise par rapport aux personnes regardant peu la télévision.

Alors que la pandémie de COVID nous pousse à passe plus de temps à la maison, cette étude devrait nous inciter à limiter notre usage de la télévision au profit d’activités moins sédentaires et plus stimulantes sur le plan cognitif.

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COVID-19 et enfants : comment les protéger d’un usage excessif des écrans ?

Depuis le premier confinement, toutes les études montrent que les enfants passent de plus en plus de temps devant les écrans. Entre les fermetures d’école qui imposent des cours à distance, le télétravail des parents qui nécessite que les enfants s’occupent seuls, les activités sur écrans ont pris une place de plus en plus importante dans le quotidien des plus jeunes, au détriment de tout le reste. Cette surconsommation d’écrans n’est pas sans conséquences sur leur santé et leur bien-être : troubles du sommeil, anxiété, augmentation de la sédentarité, surpoids… Si les écrans jouent un rôle essentiel durant cette période difficile en aidant les enfants à apprendre, à se divertir et à rester en contact avec les autres, il est indispensable de fixer un cadre pour éviter qu’ils ne prennent trop le pas sur la vie réelle.

Sédentarité, temps d’écrans… Des indicateurs inquiétants depuis le début de l’épidémie

Les dernières études sur la santé des enfants révèlent une détérioration de leur hygiène de vie et notamment une hausse de la sédentarité et du temps consacré aux écrans durant l’année 2020. Selon une étude récente menée par l’ONAPS[1] , :

  • indépendamment du respect initial des recommandations en ce qui concerne l’activité physique, 2/3 des enfants et des adolescents ont augmenté le temps passé assis devant les écrans durant le premier confinement ;
  • 42 % des enfants et 58,7 % des adolescents ont déclaré avoir diminué leur niveau d’activité physique pendant le confinement.

Dans son avis datant de 2020, l’ANSES[2] dresse un constat tout aussi alarmant sur le niveau de sédentarité des plus jeunes (qui a augmenté avec le confinement) et les risques associés pour leur santé :

  • « 66 % des 11-17 ans présentent un risque sanitaire préoccupant, caractérisé par le dépassement simultané des deux seuils sanitaires : plus de 2 heures de temps écran et moins de 60 minutes d’activité physique par jour ».
  • « 49 % présentent un risque sanitaire très élevé, caractérisé par des seuils plus sévères, soit plus de 4h30 de temps écran journalier et/ou moins de 20 minutes d’activité physique par jour. Parmi ceux-là, 17 % sont même particulièrement exposés, cumulant des niveaux très élevés de sédentarité (plus de 4h30 d’écran par jour) et d’inactivité physique (moins de 20 minutes par jour). »

Ainsi deux tiers des 11/17 ans dépassent les seuils sanitaires en matière de temps d’écrans et de niveau d’activité physique quotidien. Le risque est que ces mauvaises pratiques liées au contexte exceptionnel de la pandémie, ne s’inscrivent dans la durée. Or, les habitudes prises à l’adolescence tendent à se pérenniser voire à s’accentuer à l’âge adulte avec des effets délétères sur la santé, notamment en termes de :

  • troubles du comportement alimentaire ;
  • troubles de l’anxiété ;
  • surpoids/ obésité ;
  • qualité du sommeil et de vie altérée.

Comment préserver nos enfants dans un monde de plus en plus interconnecté ?

Si la fermeture des écoles favorise l’augmentation des temps d’écrans, il est possible de limiter les risques pour nos enfants en fixant un cadre protecteur :

  • garder un rythme stable pour structurer leurs journées et leur fournir des repères : horaires fixes pour les repas, le lever (pas de grasses matinées !) et le coucher (même en période de vacances), apprentissages le matin de préférence ;
  • définir des règles pour l’usage des écrans dans la journée : limiter l’utilisation des écrans en dehors des cours à distance, interdiction des écrans à certains moments clés de la journée (durant les repas, une heure avant de dormir), fixer un rituel sans écrans le soir pour favoriser l’endormissement (lire, écouter de la musique…), chasser tous les écrans de la chambre la nuit ;
  • ne pas exposer aux écrans les enfants âgés de moins de 3 ans ;
  • les inciter à sortir chaque jour pour leur permettre de se dépenser (exercices physiques, marche…) et favoriser leur endormissement le soir ;
  • être attentif à certains signes d’alerte pouvant révéler un mal-être et nécessiter une prise en charge adaptée (repli sur soi chez l’adolescent notamment).

Pour plus de conseils pour mieux encadrer la pratique des écrans de vos jeunes enfants ou des adolescents.

[1] Rapport de l’ONAPS, activité physique et sédentarité : évolution des comportements pendant le confinement (mars-mai 2020).

[2] Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’évaluation des risques liés aux niveaux d’activité physique et de sédentarité des enfants et des adolescents, 14 septembre 2020.