Catégorie : Etudes

Le sommeil, un indicateur de bonne santé chez l’enfant

Si le sommeil est encore trop peu reconnu comme un facteur de santé, une étude menée par une équipe de recherche de la Rutgers University (New Jersey) auprès de 177 000 jeunes âgés de 8 à 17 ans vient de lui redonner ses lettres de noblesse. Cette étude met en effet en évidence le rôle essentiel du sommeil dans la santé globale des enfants. Publiés dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, les résultats permettent notamment d‘établir une corrélation entre un sommeil insuffisant et une mauvaise alimentation, un risque accru de surpoids et une augmentation du temps consacré aux activités sur écrans. Les principaux enseignements sont les suivants :

  • Environ 40% des jeunes participants de l’étude dorment moins que la durée recommandée. Les garçons sont plus touchés que les filles par ce déficit de sommeil.
  • Une durée de sommeil insuffisante est associée à différents facteurs de risque : de mauvaises habitudes alimentaires (risque accru de sauter le petit-déjeuner, plus forte consommation de fastfood et de sucreries), une augmentation du temps passé devant l’écran, une augmentation du risque de surpoids ou d’obésité.
  • Les adolescents dont la durée de sommeil est insuffisante présentent également une capacité aérobique et ont une pratique de l’activité physique réduites.

Cette étude incite donc les parents à (re)considérer le sommeil de leur enfant comme un indicateur de santé global et à instaurer des règles leur permettant de dormir suffisamment pour répondre à leurs besoins physiologiques.

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Augmentation des troubles cognitifs chez les enfants : quel lien avec les écrans ?

Tous les ans, l’Education nationale publie des chiffres sur le nombre d’enfants scolarisés souffrant de handicap. Or, les derniers résultats montrent une hausse significative de certains troubles en huit ans :

  • + 24% pour les troubles intellectuels et cognitifs ;
  • + 54 % pour les troubles psychiques ;
  • + 94 % pour les troubles de la parole et du langage.

L’exposition croissante des enfants aux écrans est-elle en partie responsable de l’augmentation de ces troubles ? Certains spécialistes posent ouvertement la question. Des études récentes comme celle menée par des chercheurs de l’Institut CHEO de l’Université d’Ottawa et de Carleton ont notamment mis en évidence les conséquences négatives d’une forte exposition aux écrans (plus de deux heures par jour) sur le développement et les capacités cognitives des enfants.

Toutefois, d’autres experts comme le psychologue Yann Leroux invitent à la prudence : « Les effets néfastes du numérique apparaissent avec une utilisation massive des écrans, insiste-t-il, à hauteur de quatre à six heures par jours. On est quasiment dans une situation d’abandon de l’enfant dans ces cas-là, et c’est ce qui est le plus dommageable. »  Pour un autre spécialiste de la question, Eric Osika, il est essentiel de respecter le seuil de deux ans : pas d’écran en dessous de cet âge et une exposition limitée à deux heures par jour maximum au-delà.

Rappelons enfin que les recommandations officielles qui émanent notamment du CSA et de la Ministre de la Santé vont dans le sens d’une interdiction des écrans avant l’âge de trois ans en raison de risques établis pour le développement et la santé physique des enfants.

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La présence d’un téléviseur dans la chambre des enfants : un risque pour leur santé ?

C’est ce que suggère une nouvelle étude menée par une équipe de l’Université de Montréal et du INRS-IAF. Les chercheurs ont analysé les données d’une cohorte d’enfants nés entre 1997 et 1998 et ayant eu des RDV de suivi à l’âge de 4, 12 et 13 ans. Durant ces RDV, les chercheurs ont mesuré différents indicateurs qui auraient, selon eux, un impact sur la santé physique et mentale à l’âge adulte. Ils ont ainsi mesuré l’indice de masse corporelle des enfants, les ont interrogés sur leur façon de se nourrir, leur ont administré un questionnaire sur la dépression et ont cherché à évaluer leur exposition au stress émotionnel en classe et leurs interactions avec leurs camarades.

Les résultats qui ont été publiés dans la revue Pediatric Research montrent que le fait d’avoir un poste de télévision dans sa chambre à l’âge de 4 ans était associé à :

  • Un indice de masse corporelle plus élevé
  • Une alimentation moins saine
  • Une moindre sociabilité
  • Un niveau plus élevé de détresse émotionnelle
  • Des symptômes dépressifs, de victimisation et d’agression physique plus tard durant l’enfance.

Cette étude confirme à quel point il est essentiel de sanctuariser les chambres des enfants et d’en faire des zones sans écrans pour leur développement.

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Passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux nuirait à la prise de décision.

C’est la conclusion d’une nouvelle étude américaine menée par des chercheurs de l’Université du Michigan aux Etats-Unis. Ils ont recruté 71 volontaires qui ont été soumis au test de l’Iowa Gambling, couramment utilisé par les psychologues pour évaluer la capacité à prendre une décision.

Les résultats montrent clairement un lien entre la capacité à prendre des décisions et la pratique des réseaux sociaux. Les plus indécis étaient ainsi les plus grands utilisateurs de Facebook. Le Professeur Dar Meshi, principal auteur de l’étude, va même plus loin en établissant un parallèle avec les patients qui consomment des opioïdes, de la cocaïne et des amphétamines qui obtiendraient des résultats similaires au test.

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Ecrans et sommeil des enfants : une actualisation des recommandations

Alors que les écrans occupent une place de plus en plus centrale dans le quotidien de nos enfants, une revue de la littérature réalisée par une équipe de l’Université de Colombie Britannique sur l’hygiène de sommeil des enfants permet d’actualiser les recommandations en la matière. Les chercheurs ont analysé les données de 44 études réalisées dans 16 pays, portant sur 300 000 enfants et adolescents, répartis en 4 groupes d’âge, les nourrissons et les tout-petits (4 mois à 2 ans), les enfants d’âge préscolaire (3 à 5 ans), les enfants d’âge scolaire (6 à 12 ans) et les adolescents (13 à 18 ans). Sur cette base, ils ont établi un certain nombre de constats :

  • certaines pratiques qui favorisent une bonne qualité de sommeil chez les enfants sont plutôt bien respectées, parmi lesquelles l’heure du coucher, le rituel de l’histoire du soir, le fait de dormir dans une chambre à coucher et le fait de donner la possibilité à l’enfant de s’endormir et/ou de se rendormir seul s’il se réveille au milieu de la nuit ;
  • les adolescents ayant la meilleure qualité de sommeil sont ceux dont les parents ont établi des règles strictes sur ce point ;
  • l’exposition aux écrans avant de se coucher nuit à la durée du sommeil mais cette pratique néfaste tend à se réduire ;
  • le lien entre régularité des heures de dîner et régularité des heures du coucher est confirmé : ;
  • deux études confirment la corrélation entre une durée trop courte de sommeil des enfants et des adolescents d’âge scolaire, des temps de trajet trop longs domicile-école et la quantité de devoirs à faire le soir.

Il convient par ailleurs de rappeler que les recommandations de l’American Academy of Sleep Medicine sur la durée de sommeil en fonction de l’âge des enfants sont les suivantes :

  • 4 à 12 mois – 12 à 16 heures
  • 1 à 2 ans – 11 à 14 heures
  • 3 à 5 ans – 10 à 13 heures
  • 6 à 12 ans – 9 à 12 heures
  • 13 à 18 ans – 8 à 10 heures

Compte tenu de l’impact de la qualité du sommeil sur l’apprentissage et le développement cognitif des enfants, les auteurs de l’étude recommandent même d’intégrer l’éducation au sommeil dans les programmes scolaires.

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Le temps passé par les enfants sur les écrans a un impact direct sur leur bien-être

De nouveaux travaux de recherche menés par des chercheurs de l’Université d’État de San Diego semblent le confirmer. Ils ont analysé les données de la National Survey of Children’s Health (2016), soit les données d’enquête menée auprès de 40 300 parents et personnes en charge d’enfants âgés de 2 à 17 ans, portant notamment sur les soins médicaux, les problèmes affectifs, les troubles du développement et du comportement, et le temps d’écrans quotidien. Les résultats de leurs travaux mettent en avant une corrélation entre le niveau de bien-être et le niveau de pratique des écrans, chez les 2 à 17 ans, avec une association plus marquée chez les adolescents que chez les très jeunes enfants.  Parmi les principaux enseignements de l’étude, on peut noter que :

  • une utilisation des écrans, d’environ 4 heures par jour, est déjà associée à une diminution du bien-être psychologique ;
  • les enfants d’âge préscolaire grands consommateurs d’écrans ont deux fois plus de risques de perdre leur maîtrise de soi, 46 % sont plus susceptibles de ne pas pouvoir se calmer lorsqu’ils sont excités ;
  • chez les adolescents de 14 à 17 ans, 42,2 % de ceux qui passent plus de 7 heures par jour sur l’écran ne terminent pas leurs tâches. Ce taux atteint même 16,6 % pour 1 heure d’écran quotidienne et 27,7 % pour 4 heures par jour ;
  • 9 % des jeunes âgés de 11 à 13 ans passant une heure par jour sur les écrans sont réfractaires à tout apprentissage. Ils sont 13,8 % quand ils consacrent 4 heures par jour aux activités sur écrans et 22,6 % pour 7 heures par jour !

En conclusion, les chercheurs insistent sur le fait que la moitié des problèmes de santé mentale se développent à l’adolescence et qu’il est nécessaire que les professionnels de santé assurant le suivi des enfants identifient l’hyperconnexion comme un facteur de risque pouvant favoriser la survenue de ces troubles.

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Lumière bleue et impact sur le sommeil : de nouveaux éléments d’explications

On sait depuis longtemps que l’exposition a la lumière bleue des écrans le soir avant de dormir perturbe notre horloge interne (rythme circadien) et a des effets délétères sur notre état de santé. Des chercheurs du Salk Institute viennent de mettre en évidence le mécanisme par lequel certaines cellules rétiniennes, exposées à la lumière artificielle tard dans la nuit, bloquent la réinitialisation de notre horloge interne. Au cœur de leurs travaux, deux protéines semblent jouer un rôle essentiel dans la synchronisation de notre rythme circadien :

  • la mélanopsine qui supprime l’hormone mélatonine (hormone régulatrice du sommeil) sous une lumière vive, après 10 minutes d’éclairage ;
  • l’arrestine qui est nécessaire à la poursuite de la réponse de la mélanopsine à une impulsion lumineuse prolongée.

Cette découverte sur le rôle clé de ces deux protéines ouvre des perspectives intéressantes pour contrer les troubles du rythme circadien, liés en particulier à l’exposition à la lumière artificielle.

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Et si priver son enfant d’écran pour le punir était contre-productif ?

C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs canadiens de l’Université de Guelph, auprès de 62 enfants âgés de 18 mois à 5 ans et de 68 parents.

Les résultats de cette étude, publiés en décembre 2018 dans la revue BMC Obsesity, montrent que l’utilisation des écrans comme moyen de récompenser ou punir ses enfants tendrait à renforcer l’attrait de ces objets auprès d’eux et à augmenter le temps qu’ils leur consacrent. L’étude révèle ainsi que les enfants soumis à cette pratique éducative centrée sur les écrans passent en moyenne 20 minutes de plus chaque jour sur les écrans que les autres enfants.

Autre enseignement intéressant de cette étude : l’importance du mimétisme dans la pratique excessive des écrans. Les enfants ayant des parents hyperconnectés sont eux-mêmes de plus gros consommateurs d’écrans que les autres.

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Les enfants préfèrent les écrans aux bonbons !

Selon une nouvelle étude menée dans 10 pays européens par le cabinet Edelman Intelligence pour Norton-Symantec, les écrans occupent une place de plus en plus centrale dans les familles. Les enfants sont les premiers concernés par cette hyperconnexion : ils passent en moyenne 2h30 de leur temps libre sur les écrans. Les jeunes britanniques arrivent en tête des enfants les plus connectés avec 3h passées chaque jour sur les écrans, loin devant les petits espagnols qui sont les plus modérés avec seulement 30 minutes de connexion quotidienne. Et, fait nouveau, les enfants sont davantage demandeurs de temps d’écrans que de bonbons !

Face à ce phénomène récent, les parents expriment leur inquiétude. Ils sont ainsi 58 % à avoir constaté un impact négatif sur le sommeil de leurs enfants. 44% craignent des conséquences néfastes sur la socialisation de leur progéniture et 33 % sur leur santé mentale.

Mais les enfants ne sont pas les seuls concernés. 61% d’entre eux ont ainsi déjà reproché à un de leurs parents d’être incapable de se déconnecter et 57% des parents considèrent eux-mêmes passer trop de temps devant les écrans.

Face à l’omniprésence de écrans dans leur famille, 57 % des parents ont mis en place des mesures restrictives (jours sans écrans par exemple). Mais 49 % se sentent quant à eux démunis, malgré leur volonté de réguler l’usage des écrans dans leur foyer.

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Internet, source d’inquiétude pour les parents

Cyberharcèlement, menaces malveillantes, personnes mal intentionnées… Internet est plus que jamais un sujet de préoccupation majeur pour les parents aujourd’hui.

Selon une étude publiée par Symantec en juin dernier, ils sont ainsi 97 % à s’inquiéter. Pour autant, tous ne mettent pas en place des stratégies pour protéger leurs enfants. Un parent sur dix ne prend ainsi aucune mesure préventive.

Cette distorsion entre la conscience du danger et la mise en place d’actions concrètes s’explique par le fait qu’un grand nombre de parents se sent démuni. Manque d’information, peur de ne pas trouver le bon dosage entre protection et respect de la liberté de leurs enfants sont autant de freins qui empêchent les parents d’assumer leur responsabilité numérique. Pourtant, c’est en dialoguant avec leurs enfants pour leur apprendre à déjouer les pièges d’Internet qu’ils pourront les aider à profiter des nombreux avantages offerts par le web sans en connaître les déconvenues.

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