Catégorie : Etudes

Ecrans et sommeil des enfants : une actualisation des recommandations

Alors que les écrans occupent une place de plus en plus centrale dans le quotidien de nos enfants, une revue de la littérature réalisée par une équipe de l’Université de Colombie Britannique sur l’hygiène de sommeil des enfants permet d’actualiser les recommandations en la matière. Les chercheurs ont analysé les données de 44 études réalisées dans 16 pays, portant sur 300 000 enfants et adolescents, répartis en 4 groupes d’âge, les nourrissons et les tout-petits (4 mois à 2 ans), les enfants d’âge préscolaire (3 à 5 ans), les enfants d’âge scolaire (6 à 12 ans) et les adolescents (13 à 18 ans). Sur cette base, ils ont établi un certain nombre de constats :

  • certaines pratiques qui favorisent une bonne qualité de sommeil chez les enfants sont plutôt bien respectées, parmi lesquelles l’heure du coucher, le rituel de l’histoire du soir, le fait de dormir dans une chambre à coucher et le fait de donner la possibilité à l’enfant de s’endormir et/ou de se rendormir seul s’il se réveille au milieu de la nuit ;
  • les adolescents ayant la meilleure qualité de sommeil sont ceux dont les parents ont établi des règles strictes sur ce point ;
  • l’exposition aux écrans avant de se coucher nuit à la durée du sommeil mais cette pratique néfaste tend à se réduire ;
  • le lien entre régularité des heures de dîner et régularité des heures du coucher est confirmé : ;
  • deux études confirment la corrélation entre une durée trop courte de sommeil des enfants et des adolescents d’âge scolaire, des temps de trajet trop longs domicile-école et la quantité de devoirs à faire le soir.

Il convient par ailleurs de rappeler que les recommandations de l’American Academy of Sleep Medicine sur la durée de sommeil en fonction de l’âge des enfants sont les suivantes :

  • 4 à 12 mois – 12 à 16 heures
  • 1 à 2 ans – 11 à 14 heures
  • 3 à 5 ans – 10 à 13 heures
  • 6 à 12 ans – 9 à 12 heures
  • 13 à 18 ans – 8 à 10 heures

Compte tenu de l’impact de la qualité du sommeil sur l’apprentissage et le développement cognitif des enfants, les auteurs de l’étude recommandent même d’intégrer l’éducation au sommeil dans les programmes scolaires.

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Le temps passé par les enfants sur les écrans a un impact direct sur leur bien-être

De nouveaux travaux de recherche menés par des chercheurs de l’Université d’État de San Diego semblent le confirmer. Ils ont analysé les données de la National Survey of Children’s Health (2016), soit les données d’enquête menée auprès de 40 300 parents et personnes en charge d’enfants âgés de 2 à 17 ans, portant notamment sur les soins médicaux, les problèmes affectifs, les troubles du développement et du comportement, et le temps d’écrans quotidien. Les résultats de leurs travaux mettent en avant une corrélation entre le niveau de bien-être et le niveau de pratique des écrans, chez les 2 à 17 ans, avec une association plus marquée chez les adolescents que chez les très jeunes enfants.  Parmi les principaux enseignements de l’étude, on peut noter que :

  • une utilisation des écrans, d’environ 4 heures par jour, est déjà associée à une diminution du bien-être psychologique ;
  • les enfants d’âge préscolaire grands consommateurs d’écrans ont deux fois plus de risques de perdre leur maîtrise de soi, 46 % sont plus susceptibles de ne pas pouvoir se calmer lorsqu’ils sont excités ;
  • chez les adolescents de 14 à 17 ans, 42,2 % de ceux qui passent plus de 7 heures par jour sur l’écran ne terminent pas leurs tâches. Ce taux atteint même 16,6 % pour 1 heure d’écran quotidienne et 27,7 % pour 4 heures par jour ;
  • 9 % des jeunes âgés de 11 à 13 ans passant une heure par jour sur les écrans sont réfractaires à tout apprentissage. Ils sont 13,8 % quand ils consacrent 4 heures par jour aux activités sur écrans et 22,6 % pour 7 heures par jour !

En conclusion, les chercheurs insistent sur le fait que la moitié des problèmes de santé mentale se développent à l’adolescence et qu’il est nécessaire que les professionnels de santé assurant le suivi des enfants identifient l’hyperconnexion comme un facteur de risque pouvant favoriser la survenue de ces troubles.

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Lumière bleue et impact sur le sommeil : de nouveaux éléments d’explications

On sait depuis longtemps que l’exposition a la lumière bleue des écrans le soir avant de dormir perturbe notre horloge interne (rythme circadien) et a des effets délétères sur notre état de santé. Des chercheurs du Salk Institute viennent de mettre en évidence le mécanisme par lequel certaines cellules rétiniennes, exposées à la lumière artificielle tard dans la nuit, bloquent la réinitialisation de notre horloge interne. Au cœur de leurs travaux, deux protéines semblent jouer un rôle essentiel dans la synchronisation de notre rythme circadien :

  • la mélanopsine qui supprime l’hormone mélatonine (hormone régulatrice du sommeil) sous une lumière vive, après 10 minutes d’éclairage ;
  • l’arrestine qui est nécessaire à la poursuite de la réponse de la mélanopsine à une impulsion lumineuse prolongée.

Cette découverte sur le rôle clé de ces deux protéines ouvre des perspectives intéressantes pour contrer les troubles du rythme circadien, liés en particulier à l’exposition à la lumière artificielle.

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Et si priver son enfant d’écran pour le punir était contre-productif ?

C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs canadiens de l’Université de Guelph, auprès de 62 enfants âgés de 18 mois à 5 ans et de 68 parents.

Les résultats de cette étude, publiés en décembre 2018 dans la revue BMC Obsesity, montrent que l’utilisation des écrans comme moyen de récompenser ou punir ses enfants tendrait à renforcer l’attrait de ces objets auprès d’eux et à augmenter le temps qu’ils leur consacrent. L’étude révèle ainsi que les enfants soumis à cette pratique éducative centrée sur les écrans passent en moyenne 20 minutes de plus chaque jour sur les écrans que les autres enfants.

Autre enseignement intéressant de cette étude : l’importance du mimétisme dans la pratique excessive des écrans. Les enfants ayant des parents hyperconnectés sont eux-mêmes de plus gros consommateurs d’écrans que les autres.

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Les enfants préfèrent les écrans aux bonbons !

Selon une nouvelle étude menée dans 10 pays européens par le cabinet Edelman Intelligence pour Norton-Symantec, les écrans occupent une place de plus en plus centrale dans les familles. Les enfants sont les premiers concernés par cette hyperconnexion : ils passent en moyenne 2h30 de leur temps libre sur les écrans. Les jeunes britanniques arrivent en tête des enfants les plus connectés avec 3h passées chaque jour sur les écrans, loin devant les petits espagnols qui sont les plus modérés avec seulement 30 minutes de connexion quotidienne. Et, fait nouveau, les enfants sont davantage demandeurs de temps d’écrans que de bonbons !

Face à ce phénomène récent, les parents expriment leur inquiétude. Ils sont ainsi 58 % à avoir constaté un impact négatif sur le sommeil de leurs enfants. 44% craignent des conséquences néfastes sur la socialisation de leur progéniture et 33 % sur leur santé mentale.

Mais les enfants ne sont pas les seuls concernés. 61% d’entre eux ont ainsi déjà reproché à un de leurs parents d’être incapable de se déconnecter et 57% des parents considèrent eux-mêmes passer trop de temps devant les écrans.

Face à l’omniprésence de écrans dans leur famille, 57 % des parents ont mis en place des mesures restrictives (jours sans écrans par exemple). Mais 49 % se sentent quant à eux démunis, malgré leur volonté de réguler l’usage des écrans dans leur foyer.

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Internet, source d’inquiétude pour les parents

Cyberharcèlement, menaces malveillantes, personnes mal intentionnées… Internet est plus que jamais un sujet de préoccupation majeur pour les parents aujourd’hui.

Selon une étude publiée par Symantec en juin dernier, ils sont ainsi 97 % à s’inquiéter. Pour autant, tous ne mettent pas en place des stratégies pour protéger leurs enfants. Un parent sur dix ne prend ainsi aucune mesure préventive.

Cette distorsion entre la conscience du danger et la mise en place d’actions concrètes s’explique par le fait qu’un grand nombre de parents se sent démuni. Manque d’information, peur de ne pas trouver le bon dosage entre protection et respect de la liberté de leurs enfants sont autant de freins qui empêchent les parents d’assumer leur responsabilité numérique. Pourtant, c’est en dialoguant avec leurs enfants pour leur apprendre à déjouer les pièges d’Internet qu’ils pourront les aider à profiter des nombreux avantages offerts par le web sans en connaître les déconvenues.

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L’activité physique indispensable pour limiter les effets négatifs de l’hyperconnexion

Si l’on sait aujourd’hui que le fait de passer de nombreuses heures devant un écran est associé à un risque accru en termes de mortalité et de pathologies cardio-vasculaire, une nouvelle étude menée par l’Université de Glasgow confirme l’importance de ces effets négatifs chez les personnes faiblement actives. Les chercheurs ont analysé les données de près de 400 000 participants de la Biobanque britannique afin de déterminer l’impact du temps d’écrans sur leur santé. Ils concluent que nous ne sommes pas tous égaux sur ce point.

En effet, les effets négatifs du temps d’écran sur la santé sont d’autant plus importants chez les personnes ayant une mauvaise condition physique ou une faible force musculaire. A contrario, l’impact semblent moindre chez les personnes en excellente condition physique. En conclusion, pour s’autoriser des heures supplémentaires d’écrans mieux vaut être en bonne forme physique !

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Passer plus de deux heures par jour devant les écrans nuirait aux capacités intellectuelles des enfants

Selon une nouvelle étude canadienne menée auprès de 4 520 enfants américains âgés de 8 à 11 ans et publiée le 27 septembre dans la revue britannique Lancet Child and Adolescent Health, une exposition aux écrans de plus de deux heures par jour aurait un impact négatif sur le développement cognitif des enfants. Cette conclusion s’appuie sur des tests cognitifs portant sur le langage, la mémoire, la réactivité, la concentration… et qui permettent d’établir un lien entre le temps consacré aux écrans, le sommeil et les performances intellectuelles des enfants.

Cette étude montre par ailleurs qu’une très large majorité des enfants de la cohorte dépasse ce seuil de deux heures quotidiennes d’écrans. Ainsi, seuls 5 % des enfants respectent les recommandations des autorités canadiennes : moins de deux heures d’écran, 9 à 11 h de sommeil et au moins une heure d’activité physique chaque jour. Près d’un tiers n’en suit même aucune ! Et les enfants de l’étude passent en moyenne 3,6 heures par jour les yeux rivés sur un écran !

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Une nouvelle tendance chez les jeunes : se reconnecter au réel

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de la San Francisco State University et publiée dans la revue NeuroRegulation, met à nouveau en évidence les risques de mal être et d’isolement liés à la pratique excessive des écrans.

Réalisée auprès de 135 étudiants, cette étude confirme les effets néfastes de l’hyperconnexion sur la vie sociale. Plus on est connecté, plus on est seul. Elle révèle également un autre effet délétère chez les jeunes qui sont connectés en permanence : la perte de concentration du fait que le cerveau n’est jamais mis au repos.

Mais cette étude est également porteuse d’espoir en mettant en évidence l’émergence d’une volonté nouvelle chez certains jeunes de préserver l’expérience de la vie réelle en adoptant des stratégies préventives. Certains ont choisi de quitter les réseaux sociaux, pour privilégier les relations de visu, d’autres ont décidé de délaisser leurs écouteurs pour davantage être à l’écoute de l’environnement qui les entoure. Autant de bonnes pratiques à suivre et à encourager…

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Les écrans augmentent-ils le risque de dépression chez les jeunes ?

Selon une étude menée par des chercheurs de l’université de San Diego, dont les résultats ont été publiés sur le site de Clinical Psychological Science, la surconsommation d’écrans favoriserait l’état dépressif chez les jeunes. Ces chercheurs mettent ainsi en relation l’augmentation du nombre de tentatives de suicide observée chez les adolescents entre 2010 et 2015 et la progression du taux d’équipement en smartphones au sein de la même population durant la même période.

Ils ont même défini un seuil (deux heures de connexion par jour) au-delà duquel le risque suicidaire serait accru. Les jeunes consacrant plus de cinq heures chaque jour aux activités sur écrans auraient selon cette étude 71 % de risque en plus de souffrir de dépression, d’avoir des idées noires, de penser au suicide ou de tenter de mettre fin à leurs jours.

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