Catégorie : Conseils aux parents

Utiliser l’empathie pour accompagner l’enfant

ANNE PEYMIRAT – Les enfants et adolescents sont tellement pris par leurs écrans (jeux, réseaux sociaux, vidéos, chaîne youtube, etc) qu’il leur est difficile d’arrêter et de passer à autre chose. Cela peut même être source d’une grande frustration, voire d’une certaine détresse pour les plus « accros ».

Lorsque l’on a comme projet de reprendre en mains les écrans à la maison, c’est à dire de poser certaines limites et règles, il est indispensable d’accompagner l’enfant dans la gestion des émotions que cela provoque chez lui.

La technique à utiliser est l’écoute empathique. Celle-ci consiste à trouver les mots pour désigner l’émotion que peut ressentir l’enfant (ou l’adolescent) lorsqu’on met en place des règles différentes de ce qui était accepté auparavant (ou du moins toléré).

Le parent peut dire “j’ai l’impression que tu es très contrarié par cette nouvelle règle” ou encore “tu as l’air furieux que l’on te demande de ne plus garder ton téléphone le soir dans ta chambre. Sans doute es-tu énervé de ne plus avoir la liberté de le prendre à ce moment là.”

L’écoute empathique permet de mettre des mots sur les émotions de l’enfant et de lui montrer que même si l’on impose des règles, on se soucie de ce qu’il ressent. Cela aide à faire retomber les émotions. En fonction du tempérament de l’enfant, cela se fera plus ou moins vite.

Cette technique peut paraître inutile aux parents qui ne l’on pas encore testée, elle vaut pourtant la peine d’être utilisée très régulièrement et dans toutes les situations mais encore plus dans celles où il est question d’écran. Les enfants, comme les adolescents sont immatures et par définition, ont du mal à gérer leurs émotions. L’écoute empathique permet de mettre des mots sur les sentiments qui les traversent, de les apaiser et, à long terme, de gagner en maturité. Et pour les parents de gagner en sérénité à la maison.

Des questions ? Pour aller plus loin, rdv sur le site Calmer parenting

Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.

Rester ferme et positif

ANNE PEYMIRAT – Souvent les écrans sont source de propos critiques de la part des parents. “Lâche un peu ton téléphone, on dirait qu’il est scotché à ta main!”, « On avait dit, pas de téléphone après le repas, on ne peut vraiment pas compter sur toi« . Cette posture négative vis-à-vis de l’enfant ne l’aide pas à changer ses habitudes. Pour accompagner tout projet de reprise en main des écrans, mieux vaut être positif et tourné vers les progrès réalisés plutôt que regarder ce qu’il reste à faire et critiquer.

Certes, il faut bien sûr reconnaître que les limites posées par les parents risquent de générer de la frustration et des attitudes parfois très difficiles à gérer. En effet, les réactions de l’enfant ou de l’adolescent peuvent être très intenses. L’un va frapper à la porte de la chambre de ses parents jusqu’à ce que ceux-ci lui rendent son téléphone, l’autre va s’énerver, crier, voire taper pour obtenir plus de temps sur son jeu. Certains vont menacer de ne pas faire leurs devoirs si on leur supprime leur tablette. Toutes ces attitudes sont extrêmes et complexes à gérer. Une réponse énervée des adultes ne fait qu’augmenter la tension. Un fléchissement de la demande est vécue comme un échec par les parents et ne résout pas le problème du temps passé par l’enfant sur ses écrans.

En restant ferme sur sa position, le parent montre qu’il ne se laisse pas déstabiliser par l’attitude de l’enfant et qu’il sait où il va. Il fait preuve d’assurance ce qui va l’aider à tenir bon sur la règle ou la limite qu’il essaie de mettre en oeuvre. En étant positif, il se montre encourageant pour l’enfant et calme plus vite la situation.

Comment trouver des choses positives à dire sur l’enfant alors que son attitude est loin d’être parfaite ? La recommandation est d’utiliser, le compliment descriptif. Le parent peut remarquer les petits pas dans le bonne direction, même si les progrès ne sont pas encore à la hauteur des attentes. Ainsi le parent peut dire “tu étais très énervé lorsque je t’ai dit que ton temps était terminé, tu as rouspété pendant 5 minutes, et finalement tu es allé calmement lire dans ta chambre. Tu as su te maîtriser.” ou encore “Tu as posé ton téléphone dans la boîte à portable peu après que je t’ai rappelé la règle.

Cela peut être difficile à croire tant qu’on ne l’a pas essayé. Il faut essayer cette technique pour comprendre, à quel point, elle peut aider à retourner des situations tendues et améliorer durablement le comportement des enfants et adolescents.

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Préparer les enfants à de nouvelles règles sur les écrans

ANNE PEYMIRAT – Il ne suffit pas de définir de nouvelles règles sur les écrans pour que celles-ci soient respectées. Les règles sont la base, il y a encore une étape de préparation à mettre en place pour qu’elles soient prises en compte par tout le monde.

Ce temps de préparation se fait en deux parties. Tout d’abord, il s’agit de préparer l’enfant aux règles, afin qu’il en prenne connaissance. Ensuite, il faut préparer l’environnement, c’est à dire faciliter la mise en oeuvre des règles en limitant les accès aux écrans.

Une manière très efficace de préparer l’enfant est d’utiliser la discussion préparatoire. Cette technique consiste à communiquer la nouvelle règle puis à poser des questions à l’enfant pour vérifier qu’il l’a bien intégrée. Par exemple, le parent peut dire “La nouvelle règle à la maison, c’est 30 minutes de téléphone après les devoirs”. A quel moment pourras-tu regarder ton téléphone ? Combien de temps ? Si j’appelle pour le dîner, que devras-tu faire même si les 30 minutes ne sont pas écoulées ? Est-ce que ce sera difficile pour toi de ne pas regarder ton téléphone de la soirée? L’enfant commence à se projeter et il aura plus de facilité à suivre les règles au moment où il faudra le faire.

La préparation de l’environnement est importante car elle aidera l’enfant à respecter les règles. Si la règle posée est “½ heure d’écran une fois que les devoirs sont finis”, mais que l’enfant a accès en libre service à son téléphone ou une tablette et que personne ne surveille, il y a peu de chances pour que ça marche. Il faudra par exemple prévoir de mettre tous les écrans au même endroit (dans une boîte à écrans dans l’entrée de la maison), d’ajouter des codes sur certains écrans pour que l’enfant ne soit pas tenté de l’utiliser en cachette, de créer des plages horaires sur le wifi, etc.

La phase de préparation ne doit pas être négligée. C’est elle qui facilitera la mise en oeuvre de nouvelles règles numériques à la maison.

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Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.

Des règles pour poser les bases d’un usage raisonnable des écrans

ANNE PEYMIRAT – De nombreux parents font l’expérience que leur enfant n’arrive pas à s’auto-réguler quand il s’agit d’écrans. S’ils lui laissent une tablette et lui demandent de l’éteindre après un jeu ou une vidéo, il y a très peu de chances pour que l’enfant le fasse, même s’il est par ailleurs plutôt coopératif. S’ils ont un accès libre à leur tablette, console ou ordinateur, les enfants et adolescents l’utilisent au delà de ce que les parents considèrent comme raisonnable.

L’auto-régulation est très compliquée du fait du fort pouvoir d’attraction des écrans. Même pour les adultes, ce n’est pas toujours évident. Alors, pour un enfant ou un adolescent qui est par définition encore immature, cela peut être encore plus difficile.

C’est aux parents de définir l’usage qu’ils souhaitent que leur enfant fasse des écrans et de poser des règles.

Pour cela, il est important de comprendre si les enfants aiment jouer à des jeux, regarder des dessins animés ou des séries, utiliser les réseaux sociaux, etc (voir article “Le bilan”). A partir de là, les parents pourront définir des règles qui correspondent au centre d’intérêt de l’enfant.

Les règles doivent être précises. Elles peuvent fixer les jours d’utilisation, les heures ou créneaux horaires, le lieu, etc. Par exemple, les mercredi, samedi et dimanche, tous les enfants pourront faire une heure d’écran et tous les jours, les plus grands pourront regarder leur téléphone pendant 15 minutes le soir avant le dîner.

Il est conseillé de privilégier les règles simples, comme, pas d’écran le matin (semaine et week-end), ni le soir (sauf pour le film du samedi soir). Cela facilite la mise en oeuvre.

Afin de montrer aux enfants que les parents font aussi des efforts, il est important de se définir quelques règles aussi. Les parents pourront ainsi s’imposer de ne pas regarder leur téléphone pendant le dîner, ou après jusqu’au coucher des enfants.

Des règles réfléchies permettent de poser un cadre sur l’utilisation des écrans à la maison.

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Dé-diaboliser les écrans pour mieux les reprendre en main

ANNE PEYMIRAT – Pour de nombreux parents, les écrans sont sources de tension et d’énervement et l’usage qu’en font leurs enfants est loin de ce qu’ils souhaitent. Les remarques négatives fusent, telles que “Mais tu es encore sur ton téléphone, c’est l’extension de ta main !” ou encore “Lâche un peu ta console, on dirait que tu ne sais même plus te faire des amis en dehors”.

Les écrans deviennent l’ennemi numéro 1 des parents et ne sont mentionnés qu’en termes négatifs. Mêmes les enfants sont dévalorisés “Mais tu ne sais plus vivre sans être accroché à ton smartphone ?” “Tu es incapable de t’arrêter par toi-même, il faut toujours que l’on soit derrière toi”, ou encore “On ne peut vraiment pas te faire confiance”.

Les écrans sont diabolisés, les enfants critiqués et l’atmosphère quotidienne en est affectée. L’attitude des parents, bien que justifiée par un ras-le-bol et un sentiment d’impuissance pour changer les choses, peut contribuer à une ambiance familiale tendue.

Or, cette cristallisation autour des écrans rend tout changement très difficile. Aborder ce sujet qui est si sensible de cette manière sera forcément source de tensions et de résistance.

Pour arriver à un changement plus durable, il faut être plus positif, et la technique du compliment descriptif de l’approche Calmer Parenting en est la clé. Elle consiste à remarquer et dire de manière factuelle ce qui va bien, ou du moins mieux. Féliciter l’enfant lorsqu’il respecte les règles établies. Par exemple : “J’ai remarqué que tu n’avais pas regardé ton téléphone pendant le repas”, ou encore “Tu as arrêté ta PS4 rapidement et tu es venu en à peine 5 minutes après que je t’ai appelé”. Dès que le parent voit un petit pas dans la bonne direction, il peut le dire à son enfant. Même si ce n’est pas encore à la hauteur de ses attentes, cela ne peut qu’encourager l’enfant, qui lui, se sentira valorisé dans son effort.

Le projet de reprise en main des écrans sera grandement facilité en utilisant cette technique. Et l’ambiance en famille s’améliorera durablement !

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La clé de tout projet de reprise en main des écrans : le bilan

ANNE PEYMIRAT – Une étape importante pour reprendre en main de façon durable les écrans à la maison est de faire un bilan sur les usages des écrans par les enfants… et les parents ! Tout doit être considéré, aussi bien les portables que les tablettes, les consoles et la télévision.

Pour les enfants, il est intéressant de prendre le temps de noter ce qui ne se passe pas bien, tels que les moments où ils ne posent pas leur téléphone alors que vous le leur demandez, où ils chouinent et se fâchent parce qu’ils doivent arrêter, etc. Il est tout aussi important de remarquer les moments où ils respectent effectivement les règles de la maison. Par exemple, ils ne regardent jamais leur téléphone pendant les repas, ils ne réclament pas la tablette certains jours de la semaine qui sont « sans écran », ils posent leur téléphone le soir sans rappel, etc.

Les parents sont rapidement – et justement – agacés si l’enfant met 15 minutes à arrêter son écran le mercredi et arrive en retard au dîner, et ils auront tendance à penser que leur enfant est très pénible en général sur ce sujet. En revanche, ils ne réalisent pas toujours que par ailleurs, il ne va pas jouer sans demander et est très respectueux des règles de la maison. La clé est d’être, au-delà de l’agacement que certaines situations suscitent, le plus objectif possible.

Pour les adultes de la maison, il faut aussi se demander s’ils respectent certaines règles, notamment dans l’utilisation de leurs portables. Est-ce qu’ils arrêtent les écrans à une heure donnée, est-ce qu’ils terminent une conversation avant d’aller regarder un téléphone qui a bipé, est-ce qu’ils se posent et s’imposent quelques règles, etc. ?

Ce bilan permet de faire un tableau nuancé et réaliste des usages des écrans de toute la famille et de se mettre dans une démarche de reprise en main des écrans plus objective et efficace.

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S’intéresser aux activités numériques de ses enfants sans faire de reproches

ANNE PEYMIRAT – Les écrans créent vite un fossé entre parents et enfants. Ils limitent les conversations, perturbent les repas, les devoirs… Les enfants se laissent absorber par leurs smartphones, tablettes et autres écrans, si bien que ces derniers deviennent rapidement une source de tension. On utilise la privation de tel jeu vidéo comme punition sur un temps donné, ce qui ne résout rien sur le long terme.

Comment reprendre durablement la main sur l’usage des écrans chez les enfants ?

Afin de poser de bonnes bases pour la reprise en main des écrans, une première étape souvent négligée par les parents s’avère pourtant essentielle : s’intéresser de plus près à l’usage que l’enfant fait de son smartphone, sa tablette, sa console ou son ordinateur.
Qu’est-ce qui occupe l’enfant sur son smartphone ? Joue-t-il à des jeux vidéos en ligne avec ses copains ? Passe-t-il davantage de temps sur les réseaux sociaux tels qu’ Instagram ou Snapchat ? Ou est-il plus intéressé par les vidéos de YouTubeurs ? Engager la discussion avec un enfant et lui demander de parler de ce qu’il aime faire, des jeux auxquels il aime jouer, permet de se faire une idée de ce qui l’intéresse. en outre, les écrans deviennent alors un sujet d’échange et pas seulement de tension.
Pendant cette période d’observation, il est intéressant pour les parents de se renseigner par eux-mêmes sur ce qui captive leur enfant. Comprendre comment tel réseau social fonctionne, aller voir des vidéos de YouTubeurs dont l’enfant raffole, lire quelques articles sur tel ou tel nouveau jeu vidéo. Les parents ont ainsi des questions plus précises et pertinentes à poser à leur enfant telles que « ça ne doit pas être facile de conserver la flamme avec quelqu’un sur Snapchat? Poster tous les jours me semble très contraignant… ».
Echanger sur le sujet des écrans sans être dans une posture de reproche constitue une première étape essentielle dans une démarche de reprise en main des pratiques numériques des enfants.

Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.