Auteur/autrice : corinne

Des règles pour poser les bases d’un usage raisonnable des écrans

ANNE PEYMIRAT – De nombreux parents font l’expérience que leur enfant n’arrive pas à s’auto-réguler quand il s’agit d’écrans. S’ils lui laissent une tablette et lui demandent de l’éteindre après un jeu ou une vidéo, il y a très peu de chances pour que l’enfant le fasse, même s’il est par ailleurs plutôt coopératif. S’ils ont un accès libre à leur tablette, console ou ordinateur, les enfants et adolescents l’utilisent au delà de ce que les parents considèrent comme raisonnable.

L’auto-régulation est très compliquée du fait du fort pouvoir d’attraction des écrans. Même pour les adultes, ce n’est pas toujours évident. Alors, pour un enfant ou un adolescent qui est par définition encore immature, cela peut être encore plus difficile.

C’est aux parents de définir l’usage qu’ils souhaitent que leur enfant fasse des écrans et de poser des règles.

Pour cela, il est important de comprendre si les enfants aiment jouer à des jeux, regarder des dessins animés ou des séries, utiliser les réseaux sociaux, etc (voir article “Le bilan”). A partir de là, les parents pourront définir des règles qui correspondent au centre d’intérêt de l’enfant.

Les règles doivent être précises. Elles peuvent fixer les jours d’utilisation, les heures ou créneaux horaires, le lieu, etc. Par exemple, les mercredi, samedi et dimanche, tous les enfants pourront faire une heure d’écran et tous les jours, les plus grands pourront regarder leur téléphone pendant 15 minutes le soir avant le dîner.

Il est conseillé de privilégier les règles simples, comme, pas d’écran le matin (semaine et week-end), ni le soir (sauf pour le film du samedi soir). Cela facilite la mise en oeuvre.

Afin de montrer aux enfants que les parents font aussi des efforts, il est important de se définir quelques règles aussi. Les parents pourront ainsi s’imposer de ne pas regarder leur téléphone pendant le dîner, ou après jusqu’au coucher des enfants.

Des règles réfléchies permettent de poser un cadre sur l’utilisation des écrans à la maison.

Des questions ? Pour aller plus loin, rdv sur le site Calmer parenting

Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.

Lumière bleue et impact sur le sommeil : de nouveaux éléments d’explications

On sait depuis longtemps que l’exposition a la lumière bleue des écrans le soir avant de dormir perturbe notre horloge interne (rythme circadien) et a des effets délétères sur notre état de santé. Des chercheurs du Salk Institute viennent de mettre en évidence le mécanisme par lequel certaines cellules rétiniennes, exposées à la lumière artificielle tard dans la nuit, bloquent la réinitialisation de notre horloge interne. Au cœur de leurs travaux, deux protéines semblent jouer un rôle essentiel dans la synchronisation de notre rythme circadien :

  • la mélanopsine qui supprime l’hormone mélatonine (hormone régulatrice du sommeil) sous une lumière vive, après 10 minutes d’éclairage ;
  • l’arrestine qui est nécessaire à la poursuite de la réponse de la mélanopsine à une impulsion lumineuse prolongée.

Cette découverte sur le rôle clé de ces deux protéines ouvre des perspectives intéressantes pour contrer les troubles du rythme circadien, liés en particulier à l’exposition à la lumière artificielle.

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Et si priver son enfant d’écran pour le punir était contre-productif ?

C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs canadiens de l’Université de Guelph, auprès de 62 enfants âgés de 18 mois à 5 ans et de 68 parents.

Les résultats de cette étude, publiés en décembre 2018 dans la revue BMC Obsesity, montrent que l’utilisation des écrans comme moyen de récompenser ou punir ses enfants tendrait à renforcer l’attrait de ces objets auprès d’eux et à augmenter le temps qu’ils leur consacrent. L’étude révèle ainsi que les enfants soumis à cette pratique éducative centrée sur les écrans passent en moyenne 20 minutes de plus chaque jour sur les écrans que les autres enfants.

Autre enseignement intéressant de cette étude : l’importance du mimétisme dans la pratique excessive des écrans. Les enfants ayant des parents hyperconnectés sont eux-mêmes de plus gros consommateurs d’écrans que les autres.

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Faut-il interdire les réseaux sociaux à ses enfants lorsqu’ils entrent au collège ?

SERGE TISSERONNon, ce sont eux qui sont les mieux placés pour en bénéficier ! Mais il faut les avoir mis en garde auparavant, leur avoir expliqué le droit à l’intimité et le droit à l’image, et aussi les trois pièges d’Internet : tout ce qu’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce qu’on y met peut y rester éternellement et il ne faut pas croire tout ce qu’on y trouve.

A partir de là, il existe un bon usage des réseaux sociaux, et aussi un mauvais usage. Tout d’abord, 80 % de l’activité sur Facebook consiste à parler de soi, et cela participe à la fois à la construction de l’identité et à la socialisation. C’est ce que j’ai appelé en 2001 le désir d’extimité, pour désigner la façon dont nous cherchons toute notre vie à faire valider par des témoins des parties de nous-mêmes jusque-là gardées secrètes. En pratique, le bon usage des réseaux sociaux est celui qui consiste à prolonger l’atmosphère de la cour de récréation : on se raconte des histoires, des potins, on se donne des preuves d’amitié plus ou moins authentiques… Tout cela prépare à une bonne gestion ultérieure des relations sociales. Mais il existe aussi un mauvais usage des réseaux sociaux. C’est lorsque la recherche de la comparaison sociale prend le pas sur tout le reste : le désir de comparer son réseau social à celui des autres crée un cercle vicieux, car celui qui cherche sur Internet à construire son estime de lui-même n’y parvient jamais. Et il a été montré que les enfants qui sont tentés d’adopter cette attitude sont ceux qui sont en souffrance de reconnaissance sociale dans leur famille et leurs relations de proximité.

Dé-diaboliser les écrans pour mieux les reprendre en main

ANNE PEYMIRAT – Pour de nombreux parents, les écrans sont sources de tension et d’énervement et l’usage qu’en font leurs enfants est loin de ce qu’ils souhaitent. Les remarques négatives fusent, telles que “Mais tu es encore sur ton téléphone, c’est l’extension de ta main !” ou encore “Lâche un peu ta console, on dirait que tu ne sais même plus te faire des amis en dehors”.

Les écrans deviennent l’ennemi numéro 1 des parents et ne sont mentionnés qu’en termes négatifs. Mêmes les enfants sont dévalorisés “Mais tu ne sais plus vivre sans être accroché à ton smartphone ?” “Tu es incapable de t’arrêter par toi-même, il faut toujours que l’on soit derrière toi”, ou encore “On ne peut vraiment pas te faire confiance”.

Les écrans sont diabolisés, les enfants critiqués et l’atmosphère quotidienne en est affectée. L’attitude des parents, bien que justifiée par un ras-le-bol et un sentiment d’impuissance pour changer les choses, peut contribuer à une ambiance familiale tendue.

Or, cette cristallisation autour des écrans rend tout changement très difficile. Aborder ce sujet qui est si sensible de cette manière sera forcément source de tensions et de résistance.

Pour arriver à un changement plus durable, il faut être plus positif, et la technique du compliment descriptif de l’approche Calmer Parenting en est la clé. Elle consiste à remarquer et dire de manière factuelle ce qui va bien, ou du moins mieux. Féliciter l’enfant lorsqu’il respecte les règles établies. Par exemple : “J’ai remarqué que tu n’avais pas regardé ton téléphone pendant le repas”, ou encore “Tu as arrêté ta PS4 rapidement et tu es venu en à peine 5 minutes après que je t’ai appelé”. Dès que le parent voit un petit pas dans la bonne direction, il peut le dire à son enfant. Même si ce n’est pas encore à la hauteur de ses attentes, cela ne peut qu’encourager l’enfant, qui lui, se sentira valorisé dans son effort.

Le projet de reprise en main des écrans sera grandement facilité en utilisant cette technique. Et l’ambiance en famille s’améliorera durablement !

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Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.

Les enfants préfèrent les écrans aux bonbons !

Selon une nouvelle étude menée dans 10 pays européens par le cabinet Edelman Intelligence pour Norton-Symantec, les écrans occupent une place de plus en plus centrale dans les familles. Les enfants sont les premiers concernés par cette hyperconnexion : ils passent en moyenne 2h30 de leur temps libre sur les écrans. Les jeunes britanniques arrivent en tête des enfants les plus connectés avec 3h passées chaque jour sur les écrans, loin devant les petits espagnols qui sont les plus modérés avec seulement 30 minutes de connexion quotidienne. Et, fait nouveau, les enfants sont davantage demandeurs de temps d’écrans que de bonbons !

Face à ce phénomène récent, les parents expriment leur inquiétude. Ils sont ainsi 58 % à avoir constaté un impact négatif sur le sommeil de leurs enfants. 44% craignent des conséquences néfastes sur la socialisation de leur progéniture et 33 % sur leur santé mentale.

Mais les enfants ne sont pas les seuls concernés. 61% d’entre eux ont ainsi déjà reproché à un de leurs parents d’être incapable de se déconnecter et 57% des parents considèrent eux-mêmes passer trop de temps devant les écrans.

Face à l’omniprésence de écrans dans leur famille, 57 % des parents ont mis en place des mesures restrictives (jours sans écrans par exemple). Mais 49 % se sentent quant à eux démunis, malgré leur volonté de réguler l’usage des écrans dans leur foyer.

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Internet, source d’inquiétude pour les parents

Cyberharcèlement, menaces malveillantes, personnes mal intentionnées… Internet est plus que jamais un sujet de préoccupation majeur pour les parents aujourd’hui.

Selon une étude publiée par Symantec en juin dernier, ils sont ainsi 97 % à s’inquiéter. Pour autant, tous ne mettent pas en place des stratégies pour protéger leurs enfants. Un parent sur dix ne prend ainsi aucune mesure préventive.

Cette distorsion entre la conscience du danger et la mise en place d’actions concrètes s’explique par le fait qu’un grand nombre de parents se sent démuni. Manque d’information, peur de ne pas trouver le bon dosage entre protection et respect de la liberté de leurs enfants sont autant de freins qui empêchent les parents d’assumer leur responsabilité numérique. Pourtant, c’est en dialoguant avec leurs enfants pour leur apprendre à déjouer les pièges d’Internet qu’ils pourront les aider à profiter des nombreux avantages offerts par le web sans en connaître les déconvenues.

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La clé de tout projet de reprise en main des écrans : le bilan

ANNE PEYMIRAT – Une étape importante pour reprendre en main de façon durable les écrans à la maison est de faire un bilan sur les usages des écrans par les enfants… et les parents ! Tout doit être considéré, aussi bien les portables que les tablettes, les consoles et la télévision.

Pour les enfants, il est intéressant de prendre le temps de noter ce qui ne se passe pas bien, tels que les moments où ils ne posent pas leur téléphone alors que vous le leur demandez, où ils chouinent et se fâchent parce qu’ils doivent arrêter, etc. Il est tout aussi important de remarquer les moments où ils respectent effectivement les règles de la maison. Par exemple, ils ne regardent jamais leur téléphone pendant les repas, ils ne réclament pas la tablette certains jours de la semaine qui sont « sans écran », ils posent leur téléphone le soir sans rappel, etc.

Les parents sont rapidement – et justement – agacés si l’enfant met 15 minutes à arrêter son écran le mercredi et arrive en retard au dîner, et ils auront tendance à penser que leur enfant est très pénible en général sur ce sujet. En revanche, ils ne réalisent pas toujours que par ailleurs, il ne va pas jouer sans demander et est très respectueux des règles de la maison. La clé est d’être, au-delà de l’agacement que certaines situations suscitent, le plus objectif possible.

Pour les adultes de la maison, il faut aussi se demander s’ils respectent certaines règles, notamment dans l’utilisation de leurs portables. Est-ce qu’ils arrêtent les écrans à une heure donnée, est-ce qu’ils terminent une conversation avant d’aller regarder un téléphone qui a bipé, est-ce qu’ils se posent et s’imposent quelques règles, etc. ?

Ce bilan permet de faire un tableau nuancé et réaliste des usages des écrans de toute la famille et de se mettre dans une démarche de reprise en main des écrans plus objective et efficace.

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Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.

L’activité physique indispensable pour limiter les effets négatifs de l’hyperconnexion

Si l’on sait aujourd’hui que le fait de passer de nombreuses heures devant un écran est associé à un risque accru en termes de mortalité et de pathologies cardio-vasculaire, une nouvelle étude menée par l’Université de Glasgow confirme l’importance de ces effets négatifs chez les personnes faiblement actives. Les chercheurs ont analysé les données de près de 400 000 participants de la Biobanque britannique afin de déterminer l’impact du temps d’écrans sur leur santé. Ils concluent que nous ne sommes pas tous égaux sur ce point.

En effet, les effets négatifs du temps d’écran sur la santé sont d’autant plus importants chez les personnes ayant une mauvaise condition physique ou une faible force musculaire. A contrario, l’impact semblent moindre chez les personnes en excellente condition physique. En conclusion, pour s’autoriser des heures supplémentaires d’écrans mieux vaut être en bonne forme physique !

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S’intéresser aux activités numériques de ses enfants sans faire de reproches

ANNE PEYMIRAT – Les écrans créent vite un fossé entre parents et enfants. Ils limitent les conversations, perturbent les repas, les devoirs… Les enfants se laissent absorber par leurs smartphones, tablettes et autres écrans, si bien que ces derniers deviennent rapidement une source de tension. On utilise la privation de tel jeu vidéo comme punition sur un temps donné, ce qui ne résout rien sur le long terme.

Comment reprendre durablement la main sur l’usage des écrans chez les enfants ?

Afin de poser de bonnes bases pour la reprise en main des écrans, une première étape souvent négligée par les parents s’avère pourtant essentielle : s’intéresser de plus près à l’usage que l’enfant fait de son smartphone, sa tablette, sa console ou son ordinateur.
Qu’est-ce qui occupe l’enfant sur son smartphone ? Joue-t-il à des jeux vidéos en ligne avec ses copains ? Passe-t-il davantage de temps sur les réseaux sociaux tels qu’ Instagram ou Snapchat ? Ou est-il plus intéressé par les vidéos de YouTubeurs ? Engager la discussion avec un enfant et lui demander de parler de ce qu’il aime faire, des jeux auxquels il aime jouer, permet de se faire une idée de ce qui l’intéresse. en outre, les écrans deviennent alors un sujet d’échange et pas seulement de tension.
Pendant cette période d’observation, il est intéressant pour les parents de se renseigner par eux-mêmes sur ce qui captive leur enfant. Comprendre comment tel réseau social fonctionne, aller voir des vidéos de YouTubeurs dont l’enfant raffole, lire quelques articles sur tel ou tel nouveau jeu vidéo. Les parents ont ainsi des questions plus précises et pertinentes à poser à leur enfant telles que « ça ne doit pas être facile de conserver la flamme avec quelqu’un sur Snapchat? Poster tous les jours me semble très contraignant… ».
Echanger sur le sujet des écrans sans être dans une posture de reproche constitue une première étape essentielle dans une démarche de reprise en main des pratiques numériques des enfants.

Anne Peymirat, coach parental certifiée sur la méthode Calmer Parenting.