Auteur/autrice : corinne

Les écrans, une menace pour la relation parent-enfant ?

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Pediatric Research, l’interférence des écrans dans les activités familiales nuirait à la relation parent-enfant. Les auteurs de cette étude, Brandon T . Mc Daniel et Jenny S. Radesky, ont interrogé 172 familles (337 parents) ayant un enfant de 5 ans ou moins, pour comprendre l’impact des nouvelles technologies sur les interactions au sein des familles.

Si de nombreux parents peuvent être tentés de se réfugier derrière les écrans après une dure journée de travail, cette « technoférence » (interférence des nouvelles technologies) s’avère contre-productive. Loin d’apaiser le climat familial, cette stratégie d’évitement tend à renforcer la frustration et la colère des enfants.

Comme le souligne l’étude, le risque est alors qu’un cercle vicieux s’installe : excédés par le comportement de leurs enfants, les parents risquent de se plonger dans leurs écrans et cette attitude risque d’aggraver la situation en renforçant la colère de leur progéniture. D’où la nécessité de rappeler aux parents à quel point les moments passés en famille, notamment lors des repas, doivent être des moments de partage, de dialogue et de déconnexion !

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Pourquoi les écrans attirent-ils autant nos jeunes enfants ?

Selon le pédopsychiatre Michaël Larrar, l’extrême attractivité des écrans peut entraîner une surconsommation chez les jeunes enfants qui peut nuire à leur développement pour deux raisons principales :

  • l’activité virtuelle sur écran peut se substituer à l’échange dans la vie réelle, à la relation aux autres qui joue un rôle fondamental dans le développement des enfants ;
  • ce type d’activité crée une surexcitation intellectuelle qui incite l’enfant à y consacrer toujours plus de temps au détriment des jeux traditionnels qui sont pourtant indispensables pour l’aider à interagir avec son environnement et à se construire : jeux qui utilisent les 5 sens pour les plus petits (toucher notamment), puis jeux d’imitation, jeux relationnels, et enfin jeux symboliques (l’enfant invente des histoires et développe son imagination).

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Quel est l’impact des écrans sur le cerveau des enfants, par nature plus malléable que celui des adultes ?

PIERRE-MARIE LLEDO – L’influence des écrans sur un cerveau malléable comme celui des enfants peut être à la fois :

  • positif car des circuits vont être stimulés (développement de la sphère sensorielle) et car les écrans apportent une ouverture sur le monde ;
  • négatif si l’usage des écrans n’est pas compensé par des sollicitations sociales et environnementales, par des activités ancrées dans le réel. Cela entraîne alors un appauvrissement pour le cerveau.

La surexposition des jeunes enfants aux écrans peut-elle entraîner des symptômes qui s’apparentent à ceux de l’autisme ?

SERGE TISSERON – Si un jeune enfant passe plusieurs heures par jour devant un écran, c’est une situation de carence éducative et affective grave, qui peut se traduire par une forme de repli sur soi. Il en serait de même s’il passait plusieurs heures devant un mur ! Ce qui fait défaut ici, c’est la relation affective et la stimulation dont l’enfant a besoin pour se développer. La symptomatologie induite par ces situations de carence grave est partiellement régressive si les conditions éducatives changent.

Mais même si les formes de repli observées chez ces enfants évoquent certains symptômes de la série autistique, parler d’autisme – ou même d’autisme « virtuel » -, est une source importante de confusion. En effet, l’autisme est une maladie complexe, et les enfants atteints de TSA (troubles du spectre autistique) ne présentent pas des troubles de la communication et de l’interaction sociale liés à un défaut de stimulation. C’est l’ensemble de leurs canaux de perception du monde environnant, du visage et de la parole d’autrui, qui sont affectés, et cela quelle que soit la qualité des stimulations apportées par l’entourage. C’est pourquoi il est préférable de ne pas mélanger les difficultés engendrées par les écrans avec les troubles autistiques dont le déterminisme et l’évolution sont très différents.

Trop d’écrans : les jeunes ne dorment pas assez

Les jeunes de 15/24 ans souffrent d’un déficit de sommeil. C’est ce que montre un sondage réalisé en décembre 2017 par Opinion Way pour l’Institut national du Sommeil et de la Vigilance (INVS). La majorité des jeunes sont conscients qu’ils ne dorment pas assez puisque 88 % estiment qu’ils manquent de sommeil en semaine ou le week-end. L’heure du coucher en semaine serait en moyenne de 23h20 et celle du lever à 7h02. Le week-end, l’heure de l’endormissement est repoussée à 00h49 et celle du lever à 9h43 en moyenne.

Alors que la durée de sommeil recommandée est de 8 heures par nuit à cet âge, près de 40 % des jeunes dormiraient moins de sept heures par nuit, ce qui n’est pas sans impact sur la santé et l’équilibre de vie : moindre performance scolaire, troubles du sommeil, risque accru de surpoids…

Principal facteur incriminé dans cette privation de sommeil : la pratique nocturne des écrans. 83 % des jeunes s’adonneraient à leurs activités digitales favorites au lit avant de fermer les yeux. Or, la lumière bleue des écrans stimule l’éveil et entraîne une excitation intellectuelle, peu propice à l’endormissement. Pour faire face à ce déficit, les jeunes ont parfois recours à des solutions qui s’avèrent inefficaces, voire contre-productives : prise d’excitants, grasses matinées pour compenser, siestes de plus d’une heure… Les experts recommandent au contraire de cesser toute activité sur écrans au moins une heure avant de se coucher, d’adopter des horaires de sommeil réguliers, d’éviter de prendre des excitants et de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique chaque jour.

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Quels sont les usages des écrans qui posent le plus de problèmes aujourd’hui?

WILLIAM LOWENSTEIN – Parce que ce sont les activités sur écrans les plus attractives, les jeux sont aussi les plus à même de générer des problèmes. Ce sont en particulier les jeux en réseaux avec des avancées de poste, des galons que l’on risque de perdre en cas de présence insuffisante. Toute la difficulté pour le joueur est de pouvoir vivre sans ces jeux, de pouvoir s’en passer. Le danger vient du fait que ces jeux donnent une identité, voire un prestige aux joueurs (pour les plus compétents) mais les menacent de n’être plus rien s’ils arrêtent.

Google : de nouvelles fonctionnalités pour aider les utilisateurs de smartphones à réguler leur temps de connexion

Lors de sa conférence annuelle des développeurs le 8 mai dernier, en Californie, Google a dévoilé une ambition nouvelle : aider les utilisateurs de smartphones à limiter le temps qu’ils consacrent à cet objet fétiche. Pour ce faire, le géant américain a annoncé avoir mis en place de nouvelles fonctionnalités sur Android, son système d’exploitation mobile.

Objectif : permettre aux utilisateurs de réduire leur temps de connexion. Ces derniers auront par exemple la possibilité de connaître le temps passé sur les applications et de fixer une durée limite à ne pas dépasser chaque jour. A travers cette innovation technique, les responsables de Google affirment qu’ils souhaitent promouvoir « le bien-être numérique » et permettre aux utilisateurs de smartphones d’amorcer un changement culturel majeur : s’affranchir de « la peur de manquer quelque chose » liée aux notifications incessantes, pour (re)découvrir « la joie de manquer quelque chose ».

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Les écrans avant de dormir : une habitude risquée pour nos enfants !

Si l’effet négatif de la lumière bleue sur le sommeil n’est aujourd’hui plus à démontrer pour les adultes, une étude menée par des chercheurs de l’Université du Colorado aux Etats-Unis et publiée dans la revue Physiological Report, met en avant les risques liés à une exposition à la lumière bleue des écrans, avant l’endormissement, chez les jeunes enfants. Cette exposition nuirait de façon immédiate au sommeil, mais aurait également des effets négatifs à plus long terme (après sept jours) sur la santé et le développement des enfants en perturbant l’horloge interne qui synchronise le rythme veille/sommeil.

Quand on connaît le rôle essentiel de l’hormone du sommeil (mélatonine) dans différentes fonctions de l’organisme (régulation de la température corporelle, tension et métabolisme du glucose notamment), on comprend qu’il est essentiel d’apprendre à nos enfants à ne pas pratiquer d’activités sur écrans le soir, pour préserver leur santé et leur bien-être.

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Le développement de certaines pathologies comme Alzheimer et le vieillissement cérébral peuvent-ils être favorisés par une consommation importante d’écrans comme la TV ?

PIERRE-MARIE LLEDO – Ce n’est pas tant le support que le contenu qui pose problème. Si l’on passe son temps à visionner des événements stupides sans stimulation intellectuelle, ni d’effet de nouveauté, et si les écrans ne nourrissent pas notre désir d’apprendre, le cerveau va s’éteindre petit à petit. Il faut donc apprendre à être sélectif dans les sollicitations liées aux écrans, savoir trier l’utile du futile.

A contrario, on sait que les écrans peuvent être bénéfiques et apporter du confort ou soigner les personnes souffrant de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Ces mêmes écrans peuvent aider à trouver plus rapidement des concepts ou des mots qui leur échappent. Comme souvent, tout est donc une question d’usage.

En quoi les rayons ultraviolets du soleil sont-ils plus dangereux pour nos yeux que la lumière bleue émise par les écrans ?

NICOLAS LEVEZIEL – Le spectre du visible s’étend de 390 nm à 750 nm. Les UV-B ont un spectre compris entre 290 et 320 nm, les UV-A ont un spectre compris entre 320 et 400 nm et la lumière bleue a un spectre compris entre 440 et 500 nm.

La phototoxicité diminue avec l’augmentation de la longueur d’onde.

Les UV-B et A émis par le soleil seront donc plus toxiques que la lumière bleue émise par les écrans.

En outre, l’énergie émise par le soleil est heureusement beaucoup plus importante que l’énergie émise par un simple écran. La preuve en est qu’une exposition sans protection d’une courte durée, de l’ordre de quelques minutes, au rayonnement du soleil pendant une éclipse, peut conduire à des lésions rétiniennes irréversibles, ce qui est loin d’être le cas pour les écrans.

En conclusion, il faut donc rester prudent sur l’utilisation des écrans, sans toutefois céder à des croyances pour l’instant non véritablement fondées.